Au fil de l'exposition
La formation d’une île
Toutes les îles du monde n’ont pas le même
âge et toutes n’ont pas la même origine. Presque toujours cependant,
leur formation est en rapport avec la tectonique des plaques. Il existe
deux types d’îles : les îles continentales (Angleterre, Madagascar…) et
les îles volcaniques ou océaniques (Antilles, Surtsey…) surgies des
eaux.
L’atlas: îles de la Méditerranée, du littoral atlantique français, de la mer du Nord, de l’Atlantique Nord, des Antilles, de l’Océan Indien, d’Asie du Sud Est…
Des plantes et des animaux pas comme les autres
L’isolement et l’éloignement éventuel d’une île conditionnent le devenir des espèces animales et végétales ainsi que celui des populations humaines en donnant naissance à des phénomènes particuliers qui la distinguent du continent.
• Le peuplement des îles : les îles issues d’un continent gardent avec elles une partie de la flore et de la faune, tandis que les îles volcaniques, vierges de toute vie, se peuplent entièrement par la voie des airs et des mers. Il s’agit de s’implanter durablement, en s’adaptant à des ressources et à un espace réduits. Chaque nouvelle arrivée modifie l’équilibre des populations en place : la cohabitation n’est pas toujours facile.
• Des changements se font sentir : Venus du continent sur l’île, plantes et animaux abordent un nouvel environnement, plus petit, avec moins de ressources mais aussi moins de prédateurs : leurs façons de se nourrir, se défendre, se reproduire, changent.
• De nouvelles espèces apparaissent : quand les naturalistes du XVIIIème siècle arrivent sur les îles, ils sont frappés d’y trouver des plantes, des animaux jamais vus ailleurs, souvent de taille et d’allure étonnantes. Ces formes vivantes ne seraient-elles pas issues d’espèces continentales qui auraient colonisé ces îles et se seraient adaptées à leur nouveau milieu ? Au XIXème siècle, Charles Darwin se pose cette question après son observation des pinsons des îles Galapagos. L’isolement conduit l’évolution biologique à emprunter d’autres chemins que sur le continent. Au fil du temps, on trouve de nouvelles espèces, incapables de se reproduire avec les espèces continentales dont elles sont issues. Les îles favorisent ainsi la formation d’espèces endémiques, c’est à dire propres à ce territoire délimité où elles se sont différenciées.
Des îles et des hommes
Mais une île n’est jamais totalement isolée : elle représente aussi un lieu d’échange avec les autres terres, où circulent des hommes, des biens, des savoir-faire.
• Les cultures insulaires : Toute société insulaire invente sa propre culture : elle modifie les coutumes, la langue, les savoirs venus de proche en proche, ou encore elle intègre les apports quelquefois brutaux ou forcés, de cultures lointaines. Ainsi se fonde une nouvelle identité. Elle devra concilier deux nécessités : se renouveler en accueillant des personnes, des idées ou des techniques étrangères, et maintenir une cohésion interne en se repliant plus ou moins sur soi-même.
• Des échanges d’une île à l’autre : Il n’y a pas d’île sans bateau. Un savoir-faire élaboré s’est longtemps transmis :construire, naviguer, s’orienter suivant la position des étoiles, le mouvement de la houle, ou le vol des oiseaux… Lorsque l’île est petite, elle ne peut pas fournir tout ce qui est nécessaire à ses habitants ; les échanges avec d’autres groupes humains sont essentiels. Ainsi circulent à l’intérieur d’un archipel, ou entre l’île et le continent, des biens, des pratiques, des hommes et des idées.
• Entre soi, sur une île : Même sur une petite île, on vit comme ailleurs, avec des espaces différenciés pour les diverses activités. Tout le monde ou presque se connaît. La solidarité y est une nécessité : comment vivre ensemble si l’on s’entre-déchire? On y est souvent parents, cousins : ces liens étroits entraînent-ils nécessairement la consanguinité ?
Un équilibre fragile
Entre cet isolement et ces liens, l’équilibre des écosystèmes et des organisations sociales et culturelles reste fragile, complexe et parfois menacé. Les îles sont de petits territoires sensibles aux changements. Leur caractère propre est le résultat d’un équilibre précaire entre leur isolement et leur ouverture sur le monde. Or, depuis plusieurs siècles les moyens de communication et de transport ont amplifié les échanges.
Les gens, et avec eux les plantes, les animaux, les biens, les images, circulent vite et partout. Les écosystèmes insulaires si particuliers, tendent à se modifier en se banalisant. Peut-on les restaurer ? Doit-on le faire ? Quelles perspectives s’ouvrent aux îliens ?



