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Fil rouge de l’exposition

 

Pourquoi parce Queue?

De la queue chasse-mouches à la queue du diable : une histoire naturelle et culturelle de la queue pour découvrir ses mille et un avatars !

Queue dire ?

Les citoyens expriment leurs attentes…

Angoisse caudale

Pour s’affranchir de toute appréhension, pénétrer dans le couloir et palper l’invisible.

 

Un début en queue de poisson

Dans les mers du Cambrien, il y a plus de 500 millions d’années, nagent les premiers poissons et leurs ancêtres les prochordés. Leur nageoire caudale - du latin cauda la queue - leur assure propulsion et stabilité. Cette queue originelle adaptée à la vie dans l’eau se diversifie au fil du temps : une longue histoire qui va marquer toute l’évolution des vertébrés.

Têtes à queue

L’embryon de tous les vertébrés, l’homme y compris, possède une queue à un stade très précoce de son développement. A la naissance, celle-ci a pris des formes et des tailles diverses que l’on soit poisson, amphibien, reptile, oiseau ou mammifère. Toutefois l’extrémité de la colonne vertébrale qui fait suite au bassin reste une queue, quel que soit le nombre des vertèbres qu’elle possède.

Ces deux arguments, présence embryonnaire et même structure vertébrale, montrent que les queues de tous les vertébrés ont une origine commune. De la nageoire caudale des premiers poissons au coccyx de l’homme ou au «chasse-mouche» de la girafe, il y a 500 millions d’années d’évolution !

 

Une queue pour quoi faire ?

La queue est sans doute la partie du corps la moins étudiée. Charles Darwin considérait cet appendice comme quelque chose de secondaire dans les processus de transformation des vertébrés terrestres. Pourtant, à y regarder de plus près, il s’agit au contraire d’un formidable exemple de diversification qui rend compte d’une évolution du mode de vie des êtres vivants en parfaite adéquation avec leur environnement.

La caisse à outils

Quoi qu’en dise Darwin, la « nature » a su faire preuve d’une imagination sans borne. Si l’habit ne fait pas le moine, la queue fait l’animal, qu’elle soit nue, à poils, à plumes ou à écailles ! L’outil est bien adapté à la survie de chaque espèce, que ce soit pour se nourrir, se déplacer, se protéger ou se reproduire. Cette diversité des solutions saute aux yeux lorsqu’on compare les animaux en action.

La queue fait l’oiseau

Couleurs chatoyantes et plumes de la queue hypertrophiées sont l’apanage des mâles de nombreux oiseaux. Aucun doute que la fonction première de ces extraordinaires plumages est sexuelle : en attirant les femelles, le mâle augmente ses chances de se reproduire. Mais ce costume d’apparat ne peut-il pas devenir un handicap pour celui qui le porte tous les jours ? « Non » précise Darwin, si le but est d’assurer « aux mâles les plus vigoureux, le plus grand nombre de descendants ». Malgré ce principe de sélection sexuelle, le naturaliste restera toujours mal à l’aise à la vue de ces oiseaux extravagants.

La meilleure défense c’est l’attaque

Parmi tous les groupes zoologiques, les reptiles sont ceux qui ont développé une queue aux usages les plus divers. Chez les crocodiles, elle sert autant à la chasse qu’aux parades amoureuses. Plusieurs varans ont des aiguillons sur la queue qui leur servent aussi bien pour se défendre que pour attaquer. Des agames usent de leur queue comme d’un bouclier. Les fouette-queues l’agitent pour mettre en fuite leurs adversaires. Pour les caméléons, cet appendice sert de corde de suspension. Certains serpents agitent leur extrémité caudale en forme de ver de terre comme un leurre pour attirer les proies.

S’entendre comme chien et chat

Pour le chien comme pour le chat, la queue est un formidable outil de communication à l’intention de ses congénères. Hélas, ce que dit le chat est du chinois pour le chien, lui-même parlant très mal le siamois. Pire encore, les mêmes signes de la queue expriment des émotions contraires chez les deux frères ennemis.

Le chien arrêtera-t-il un jour de poursuivre le chat qui course la souris ? Gageons que non ; cela ferait le désespoir des scénaristes de bandes dessinées et de dessins animés ! Mais vous qui avez un chien et un chat chez vous, pour la paix des ménages, vous feriez bien d’apprendre à comprendre le parler « queue » de vos animaux de compagnie.

Sans queue ni tête

La queue ? Extrémité oubliée, méprisée, parfois même inconvenante… Est-ce parce que nous en sommes privés qu’elle envahit notre langage, nos fantasmes et notre imaginaire? Dans nos têtes, elle devient l’appendice essentiel des chimères, des sirènes et des dragons. Elle symbolise la puissance d’êtres mythiques telles que le Minotaure ou le dieu Pan. Elle est l’attribut effrayant du diable et des démons de l’enfer. C’est elle, sous la forme d’un serpent tentateur, qui nous chasse du paradis.

Dans l’inconscient, l’animal qui nous fait peur a souvent une queue nue et reptilienne. Pour se rassurer on évoque alors l’énigmatique ouroboros, ce serpent cosmique qui se mord la queue, l’antique symbole du cycle du temps et de l’éternité.


 

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